Rosberg entre dans l’histoire de la F1

Le weekend dernier en Russie, Nico Rosberg a certes empoché une septième victoire d’affilée et augmenté son avance au championnat, mais il est également devenu un membre du club très prestigieux des gagnants de «Grand Chelem», après avoir signé, pour la première fois de sa carrière, la pole position, le meilleur tour en course et mené chaque tour de la course jusqu’à la victoire. Revenons sur ce cercle très fermé des pilotes ayant signé des « Grand Chelem », qui sera aussi l’occasion de se remémorer quelques souvenirs et de revoir quelques unes des plus belles voitures de l’histoire de la F1.

Jim Clark – 8 Grand Chelem
Largement considéré comme l’un des pilotes les plus rapides de l’histoire de la F1, Clark était tout simplement intouchable lorsqu’il était au volant de ce que Lotus a fait de mieux. L’Ecossais a signé son premier Grand Chelem sur le sol britannique à Aintree en 1962 et son dernier sur la superbe piste du Nurburgring en 1965. Mais combien de Grand Chelem aurait-il pu signer avec une meilleure fiabilité et s’il n’avait pas été tué dans un accident de Formule Deux à Hockenheim en 1968?

Clark lors de son 8ème et dernier Grand Chelem au Nurburgring en 1965
Clark lors de son 8ème et dernier Grand Chelem au Nurburgring en 1965

Alberto Ascari – 5 Grand Chelem
Il est le pilote qui a signé le plus de Grand Chelem aussi rapidement dans l’histoire de la F1: entre les étés 1952 et 1953, Alberto Ascari et son invincible Ferrari 500 ont gagné 11 des 13 courses du championnat dont 5 en Grand Chelem. De plus, trois des Grand Chelem de l’indomptable italien ont été signés dans des courses marathon qui ont duré plus de trois heures.

Ascari au volant de sa Ferrari 500 à Rouen en 1952
Ascari au volant de sa Ferrari 500 à Rouen en 1952

Michael Schumacher – 5 Grand Chelem
Quand on parle de hat-tricks (victoire, pole position, meilleur tour), le pilote allemand est bien le maître incontesté avec 22 hat-trick, soit 11 plus de Jim Clark. Mais Schumacher n’a réussi à convertir cette domination en Grand Chelem «seulement» cinq fois, dont la première fois, peut-être de manière symbolique, au Grand Prix de Monaco 1994 – la première course après la mort tragique d’Ayrton Senna. Il a recommencé deux courses plus tard au Canada, mais il faudra attendre huit ans de plus pour qu’il en obtienne une autre, cette fois avec Ferrari, en Espagne. Les deux derniers Grand Chelem de Schumacher ont été signés en 2004 – année où il a dominé le championnat avec 13 victoires en 18 courses.

Schumacher (Benetton B194 Ford) signe son premier Grand Chelem à Monaco en 1994
Schumacher (Benetton B194 Ford) signe son premier Grand Chelem à Monaco en 1994

Jackie Stewart – 4 Grand Chelem
Un autre gagnant de Grand Chelem qui, comme son grand ami Jim Clark, était intouchable lors de certains Grands Prix, Stewart a terminé quatre «week-end parfait» dans son illustre carrière. Le premier, et sans doute le plus marquant, a été signé à Clemont-Ferrand en 1969, au volant de sa Matra à moteur Cosworth, avec laquelle il a décroché la pole avec près de deux secondes d’avance sur son premier rival, et a remporté avec près d’une minute d’avance.

Stewart avec sa femme Helen, lors du Grand Prix de France en1969.
Stewart avec sa femme Helen, lors du Grand Prix de France en1969.

Ayrton Senna – 4 Grand Chelem
Pour un pilote avec un tel talent, il est peut-être surprenant de voir que Senna a signé seulement quatre Grand Chelem dans sa carrière , mais il faut se souvenir que Senna a fait face à de nombreux adversaires coriaces, dont Alain Prost qui n’a jamais signé un seul Grand Chelem de toute sa carrière. Il est également intéressant de noter que Senna est l’un des deux seuls pilotes – l’autre étant Nelson Piquet – à avoir signé un Grand Chelem le même jour que sa première victoire en Grand Prix.

Senna (Lotus 97T) domine la course dans des conditions difficiles pour signer sa première victoire et son premier Grand Chelem
Senna (Lotus 97T) domine la course dans des conditions difficiles pour signer sa première victoire et son premier Grand Chelem

Nigel Mansell – 4 Grand Chelem
Peu de pilotes ont bénéficié d’une telle relation avec une voiture comme Mansell l’a fait avec la Williams FW14B. Il n’est donc pas surprenant que trois des quatre Grand Chelem du britannique ont été signés dans l’une des plus magnifique des voitures de Williams. Mansell, bien sûr, était aussi connu pour exceller sur son circuit national, et c’est sans surprise qu’il a signé deux de ses Grand Chelem à Silverstone en 1991 et 1992.

Mansell salué par les fans après son premier Grand Chelem à Silverstone en 1992
Mansell salué par les fans après son premier Grand Chelem à Silverstone en 1992

Sebastian Vettel – 4 Grand Chelem
Vettel avait pour habitude, lorsqu’il était chez RedBull, de signer le tour le plus rapide dans le dernier tour de la course, alors que son écurie attendait de lui qu’il ramène la voiture au stand paisiblement. Cette méthode a certainement créé quelques cheveux gris à Christian Horner, mais a également permis à l’Allemand de signer quatre Grand Chelem en trois ans – soit deux de plus que tout autre pilote actuel.

Vettel célèbre son quatrième Grand Chelem en Corée en 2013
Vettel célèbre son quatrième Grand Chelem en Corée en 2013

Nelson Piquet – 3 Grand Chelem
Comme Senna, Piquet a signé son premier Grand Chelem lors de sa première victoire à Long Beach en 1980. Le second est venu en Argentine un an plus tard.

Piquet en route vers son premier Grand Chelem à Long Beach en 1980
Piquet en route vers son premier Grand Chelem à Long Beach en 1980

Juan Manuel Fangio – 2 Grand Chelem
Le maestro argentin a remporté trois titres mondiaux de plus qu’il a signé Grand Chelem, preuve d’un talent incroyable. Le premier Grand Chelem de Fangio est venu à Monaco en 1950, lorsque la majorité de ses rivaux ont été éliminés au premier tour, dans un accident causé par un vent fort qui projetait de l’eau de mer sur la piste. Son deuxième et dernier a été signé lors une performance incroyable au Nürburgring en 1956 – piste sur laquelle un an plus tard, il rattrapera 45 secondes de retard à la mi-course grâce à 8 meilleurs tour en course d’affilée, pour signer une victoire d’anthologie (sa dernière)et empocher son dernier titre mondial.

Fangio (Alfa Romeo 158) a évité l'accident du premier tour pour s'imposer à Monaco en 1950 et signer le Grand Chelem
Fangio (Alfa Romeo 158) a évité l’accident du premier tour pour s’imposer à Monaco en 1950 et signer le Grand Chelem

Jack Brabham – 2 Grand Chelem
Comme Fangio, les deux Grand Chelem de Brabham ont été signés avec six ans d’intervalle. Le premier a eu lieu lors du terrible Grand Prix de Belgique en 1960, week-end où deux pilotes – Chris Bristow et Alan Stacey – ont été tués et deux autres – Stirling Moss et Mike Taylor – ont été grièvement blessés. Le second Grand Chelem de Jack Brabham fut signé sur la piste détrempée de Brands Hatch en 1966.

Brabham signe son second Grand Chelem à Brand Hatch en 1966
Brabham signe son second Grand Chelem à Brand Hatch en 1966

Mika Hakkinen – 2 Grand Chelem
Trois Finlandais ont remporté le titre pilote, mais un seul – Mika Hakkinen – a la particularité d’avoir signé un Grand Chelem. Les deux weekends parfaits du Finlandais volant ont eu lieu lors de la saison de son premier titre remporté en 1998 – le premier au Brésil et le second à Monaco.

Hakkinen célèbre son second Grand Chelem à Monaco en 1998
Hakkinen célèbre son second Grand Chelem à Monaco en 1998

Lewis Hamilton – 2 Grand Chelem
Jusqu’en 2014, Lewis Hamilton était dans ce groupe de pilotes (avec Alain Prost, Keke Rosberg, Jenson Button et Kimi Raikkonen) qui ont remporté un titre mondial sans jamais avoir signé un Grand Chelem. Il en a depuis empoché deux – le premier en Malaisie en 2014 et le second avec une large domination en Italie en 2015. Non seulement Hamilton a signé le Grand Chelem à Monza, mais il a également été le plus rapide de chaque séance d’essais du weekend.

Hamilton passe la ligne d'arrivée en Italie en 2015 pour signer son second Grand Chelem.
Hamilton passe la ligne d’arrivée en Italie en 2015 pour signer son second Grand Chelem.

Mike Hawthorn – 1 Grand Chelem
Le coureur britannique a signé son premier et seul Grand Chelem en solitaire en France en 1958, mais encore une fois, il est intervenu dans des circonstances tragiques, puisque son coéquipier, Ferrari Luigi Musso perdit la vie dans la même course.

Hawthorn's signa son unique Grand Chelem dans des circonstances tragiques en France, 1958
Hawthorn’s signa son unique Grand Chelem dans des circonstances tragiques en France, 1958

Stirling Moss – 1 Grand Chelem
Stirling Moss signa son seul Grand Chelem au Portugal en 1959, mais il a été si catégorique que nous pouvons nous demander pourquoi il ne l’a pas fait plus d’une fois: en pole avec deux secondes d’avance sur le second, tour le plus rapide en course et un tour complet d’avance sur la deuxième place au drapeau à damier. Moss est célèbre pour avoir été un pilote très rapide mais sans avoir gagné le moindre titre mondial.

Moss épuisé après son premier Grand Chelem au Portugal en 1959
Moss épuisé après son premier Grand Chelem au Portugal en 1959

Jo Siffert – 1 Grand Chelem
Diaboliquement rapide dans les voitures de sport, ainsi que derrière le volant d’une voiture de F1, Seppi – comme il était affectueusement appelé – a signé son seul Grand Chelem au Osterreichring en 1971 après avoir battu avec brio la dominante Tyrrell-Ford de Jackie Stewart lors des qualifications.

Siffert (BRM P160) vers son premier Grand Chelemsur l'Osterreichring en Aout 1971.
Siffert (BRM P160) vers son premier Grand Chelem sur l’Osterreichring en Aout 1971.

Jacky Ickx – 1 Grand Chelem
En 1967, Ickx avait créé la surprise en se qualifiant troisième au Nürburgring au volant d’une Formule 2 bien moins puissante que les voitures de ses adversaires. Il semble donc normal que le seul Grand Chelem de la carrière du belge ait été signé sur ce même circuit allemand, en 1972 au volant d’une Ferrari.

Ickx lors de son unique Grand Chelem en 1972
Ickx lors de son unique Grand Chelem en 1972

Clay Regazzoni – 1 Grand Chelem
Regazzoni pouvait avoir des fulgurances comme lors de ce weekend de 1976 à Long Beach, où le coureur Suisse signa la pôle sur le circuit Américain avant de battre son coéquipier Niki Lauda avec 42 secondes d’avance et de signer son premier et unique Grand Chelem.

Regazzoni (Ferrari 312T) domine le Grand Prix de Long Beach en 1976
Regazzoni (Ferrari 312T) domine le Grand Prix de Long Beach en 1976

Niki Lauda – 1 Grand Chelem
Comme Regazzoni, Lauda a signé son seul Grand Chelem en 1976 dans ce qui se révèle être la saison la plus tumultueuse de sa carrière.

Lauda (centre) domine Clay Regazzoni (gauche) pour son seul Grand Chelem à Zolder en 1976.
Lauda (centre) domine Clay Regazzoni (gauche) pour son seul Grand Chelem à Zolder en 1976.

Jacques Laffite – 1 Grand Chelem
A la surprise de beaucoup, Ligier était vue comme l’équipe à battre en début de saison 1979, grâce à Jacques Laffite qui signa la pole position, le meilleur tour et la victoire de la première course de la saison en Argentine. Deux semaines plus tard, le Français a fait mieux, menant chaque tour du Grand Prix du Brésil pour signer Grand Chelem une semaine seulement après son Hat Trick argentin.

Jacques Laffite vers son unique Grand Chelem au Brésil en 1979
Jacques Laffite vers son unique Grand Chelem au Brésil en 1979

Gilles Villeneuve – 1 Grand Chelem
Après avoir signé sa première victoire dans son pays en 1978, le pilote Canadien a obtenu son seul Grand Chelem exactement six mois plus tard à Long Beach en 1979.

Comme Regazzoni, Villeneuve signe son unique Grand Chelem à Long Beach
Comme Regazzoni, Villeneuve signe son unique Grand Chelem à Long Beach

Gerhard Berger – 1 Grand Chelem
L’Autrichien a marqué la fin de la saison 1987, en étant en tête de tous les tours du Grand Prix du Japon sauf un, lorsque Senna décida de rentrer au stand un tour plus tard, privant Berger d’un Grand Chelem. L’Autrichien prit sa revanche le weekend suivant en Australie où il signa son premier et unique Grand Chelem.

Berger, épuisé, sur le podium de son unique Grand Chelem en Autralie, 1987
Berger, épuisé, sur le podium de son unique Grand Chelem en Autralie, 1987

Damon Hill – 1 Grand Chelem
Le Hungaroring a accueilli quelques-uns des plus grands moments de la carrière de Damon Hill, y compris sa première victoire en F1 (en 1993), sa quasi-victoire miraculeuse avec Arrows (en 1997) et son seul Grand Chelem (en 1995).

Damon Hill devant Schumacher en Hongrie 1995
Damon Hill devant Schumacher en Hongrie 1995

Fernando Alonso – 1 Grand Chelem
Comme Hill, le seul Grand Chelem d’Alonso a été signé sur une piste avec laquelle l’Espagnol sera toujours rattaché – Singapour. Mais contrairement à sa victoire en 2008, il n’y avait aucune odeur de controverse en 2010 quand il a enflammé la piste en partant de la pole et en restant en tete tout le Grand Prix.

Alonso après sa victoire à Singapour en 2010
Alonso après sa victoire à Singapour en 2010